L'offshore en Asie? On en revient... Mais la délocalisation est bien là , avec des alternatives de "proximité"
IBM accompagne ses clients. Pourtant, si Big Blue est très implanté en Inde, ce n'est pas seulement pour suivre ses clients... Car le géant mondial n'aura pas été le dernier à délocaliser une partie de ses services, là où la main d'oeuvre peut être jusqu'à 5 ou 10 fois chère...
Cependant, ces délocalisations n'ont pas toujours bonne presse notamment en Europe.
De grands groupes industriels ou de la banque et de l'assurance voient bien l'intéret de délocaliser une partie de leurs services, comme les centres d'appel ou le 'help desk' ou même la maintenance applicative.
Mais la proximité, même relative, alliée à une bonne maîtrise du français et à une connaissance de nos "spécificités culturelles", deviennent des critères importants.
D'où le choix de la Roumanie, notamment.
Au fait, dans quel contexte IBM se préoccupe-t-il d'offrir de tels services?
"Il y a 15 ans, les Etudes au sein des directions informatiques représentaient 20 à 30% du budget, tout au plus", a expliqué à la presse, Jean-Luc Pichot, partner application service executive, chez IBM France.
"Aujourd'hui, les Etudes pèsent 60 à 80% du budget. Pourquoi? Parce qu'il y a eu rationnalisation de l'Exploitation (avec consolidation des sites existants, et l'infogérance), tandis qu'en parallèle, le développement logiciel a continué de prendre du poids".
"Aujourd'hui, la plupart de nos clients connaissent des baisses de budget. Il leur faut donc dégager des budgets pour financer les nouvelles solutions, l'innovation..."
Quels sont les leviers d'un telle démarche ? Réponse d'IBM France:
- la nouvelle gouvernance IT;
- la recherche des performances et l'industrialisation des process: mesures et approche comparative avec "bencharmark" entre diverses entreprises, avec 10 ans de recul, et un centre spécialisé "CMMIS".
Pour le management des applications, IBM propose :
1-d'optimiser la performance des 'Etudes'
2-d'externaliser chez IBM, dans un contexte d'offre internationale, ou "global delivery" organisé par IBM Global Services - qui mobilise "85.000 professionnels dans les applications liées aux services".
C'est là , on y arrive!, qu'IBM France propose une infogérance "near shore": à Bucarest, en Roumanie ou, cette fois plutôt en off-shore, à Ho Chi Minh au VietNam du Nord - deux pays où la langue française se pratique couramment - nous rappelle-t-on.
IBM propose de travailler sur des "applications spécifiques" ou des "packages" ou de l'ebusiness", etc. L'outsourcing peut être "global ou sélectif, sur site client ou sur site IBM, avec des ressources locales ou en utilisant aussi l'offshore".
Les chiffres d'IBM sont là :
"Nous avons diversifié nos pays sources dans le Global delivery et nous continuerons à augmenter nos ressources pour passer de 40.120 à 65.960 personnes à l'horizon 2009". L'essentiel des effectifs sont et seront concentrés en Inde (de 32.800 en 2007 à 40.860 en 2009; langue anglaise et allemande), en Chine (de 4.700 à 16.200; japonais et anglais), puis au Brésil (de 1.600 à 4.000 personnes en 2009; portugais, espagnol, anglais), en Roumanie (de 310 à 1.850 personnes en 2009 ; français, allemand, italien, anglais), aux Philippines (225 à 1.000 en 2009; anglais, japonais), en Argentine (200 à 900 personnes en 2009, anglais et espagnol), au Viet-Nam (de 230 à 800 personnes en 2009; français, japonais, anglais). et en Egypte (de 55 à 350 personnes en 2009, arabe et anglais).
Pour rappel, en juin 2006, Sam Palmisano, p-dg d'IBM, avait annoncé que le groupe allait tripler ses investissements en Inde, les portant à 6 milliards de dollars "pour les 3 prochaines années". IBM y a ouvert un Center d'Innovation.
Pierre Mangin









